Définition de la décroissance
La décroissance est un courant de pensée qui remet en question le modèle de croissance économique comme objectif social et politique. Elle propose une société qui consomme moins, produit moins, et vit mieux dans les limites planétaires.
Ce n'est pas un retour à l'âge de pierre comme le caricaturent ses opposants. C'est une sortie volontaire de l'économie de croissance au profit d'une économie soutenable, circulaire, et centrée sur le bien-être.
Les principes décroissants
1. Limites planétaires : la Terre est finie, la croissance infinie est impossible
2. Sobriété heureuse : consommer moins n'est pas appauvrir
3. Relocalisation : produire près de chez soi, réduire les transports
4. Post-PIB : mesurer le bien-être au lieu du PIB
5. Partage du travail : moins d'heures, plus d'emplois, plus de sens
6. Revenu universel (pour la plupart des décroissants)
7. Démocratie participative : décentralisation des décisions
Les grands théoriciens
Nicholas Georgescu-Roegen (1906-1994) : père intellectuel de la décroissance, économiste de la bioéconomie.
Serge Latouche (né 1940) : théoricien français majeur, auteur de Le Pari de la décroissance (2006).
Ivan Illich (1926-2002) : critique de la société industrielle, Une société sans école.
André Gorz (1923-2007) : philosophe éco-socialiste français.
Pierre Rabhi (1938-2021) : agriculteur biodynamique et penseur populaire.
Aurélien Barrau (contemporain) : astrophysicien, figure médiatique récente.
Les courants décroissants
Éco-socialisme décroissant (Latouche, Gorz) : rupture avec le capitalisme et la croissance.
Écologisme radical (Extinction Rebellion) : urgence climatique, action directe.
Éco-anarchisme (Bookchin) : décentralisation, autogestion, bio-régionalisme.
Permaculture politique (Pierre Rabhi) : agro-écologie + simplicité volontaire.
Collapsologie (Servigne, Stevens) : anticipation de l'effondrement et préparation.
💌 Un test politique par semaine
Les partis politiques français et la décroissance
EELV : décroissance parfois évoquée mais politiquement évitée (perte de voix). Glucksmann, Tondelier n'utilisent pas le mot.
LFI : « planification écologique » plutôt que décroissance. Mélenchon rejette le terme (trop clivant).
Génération.s : plus décroissante, notamment Delphine Batho.
Mouvements hors-parti : Alternatiba, Colibris (Pierre Rabhi), collectifs autonomes.
Aucun parti représenté au Parlement ne revendique explicitement la décroissance. C'est un courant plus culturel que politique.
Critiques de la décroissance
Critique économique : sans croissance, comment financer les services publics ? Les pensions ?
Critique sociale : la décroissance serait un luxe de bourgeois. Les pauvres ont besoin de plus, pas de moins.
Critique géopolitique : si la France décroît mais la Chine croît, impact climatique nul et fragilisation géopolitique.
Critique technologique : innovations pourraient résoudre la crise climatique sans décroissance (nucléaire, hydrogène, captage CO2).
Ces critiques sont fortes et le débat reste ouvert.