Définition de « bobo »
« Bobo » est la contraction de « bourgeois bohème ». Le terme désigne une classe sociale urbaine caractérisée par :
• Un revenu élevé (classe supérieure ou moyenne-supérieure)
• Des valeurs progressistes (gauche culturelle, écologie, inclusion)
• Un style de vie alternatif mais coûteux (bio, culture, voyage, authenticité)
• Un ancrage urbain (Paris, Lyon, Bordeaux, grandes métropoles)
• Souvent dans la création, l'éducation ou les médias
Origine du terme
Le mot « bobo » est créé par le journaliste américain David Brooks dans son livre Bobos in Paradise (2000). Il y décrit la fusion dans les années 90 aux USA entre les « bourgeois » (valeurs matérielles) et les « bohémiens » (valeurs culturelles).
Le terme arrive en France vers 2003-2005 et explose dans les années 2010. Aujourd'hui, il est devenu un marqueur politique utilisé à la fois comme auto-identification (marginale) et comme critique (massive, notamment à droite).
Profil type du bobo en 2026
Démographie : 25-55 ans, bac+5, cadre ou profession intellectuelle.
Salaire : 3 500€-8 000€ nets/mois (ménage : 7 000-15 000€).
Logement : appartement Haussmannien 4-6 pièces, propriétaire ou loyer élevé.
Loisirs : théâtre, expos, week-ends Airbnb, vélo, yoga.
Consommation : bio, local, marché Raspail, Biocoop, Patagonia.
Enfants : école alternative, musique, cours particuliers.
Voiture : électrique ou pas de voiture (vélo électrique).
Les bobos politiquement
Les études (IPSOS, Ifop, CEVIPOF) montrent que les bobos votent majoritairement :
• EELV (35-45%) : premier choix
• PS/Place Publique (20-25%)
• Renaissance (15-20%)
• LFI (10-15%)
Très peu de bobos votent pour la droite, RN ou Reconquête. Leur vote cristallise l'identité politique du « centre-gauche urbain éduqué ».
Ce vote est à la fois fidèle (constance) et parfois versatile (passent d'EELV à Macron ou inversement selon l'humeur).
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Les critiques du bobo
Critique de droite : le bobo est hypocrite. Il prône l'écologie mais voyage en avion. Il défend les migrants mais habite dans des quartiers chers. Il rejette le patriarcat mais emploie des nounous précaires.
Critique de gauche populaire (type LFI) : le bobo est déconnecté. Il ne comprend pas la fin du mois, les problèmes des quartiers populaires, la galère du quotidien.
Critique théorique (Christophe Guilluy) : les bobos sont la classe dominante culturellement mais ne le reconnaissent pas. Ils se pensent « de gauche » tout en jouissant des privilèges de la mondialisation.
Les bobos existent-ils vraiment ?
Oui comme catégorie sociologique : une classe urbaine éduquée avec des valeurs progressistes existe, c'est documenté par les études.
Mais la catégorie est souvent caricaturée. Tous les urbains éduqués ne sont pas bobos. Beaucoup votent à droite. Beaucoup sont pauvres en capital économique malgré leur capital culturel.
Le « bobo » comme figure médiatique et politique est probablement plus important que le phénomène lui-même. Un marqueur discursif utile pour simplifier la carte sociale française.